Kwamboka Nyachieo-Ngumba et Hannah-May Wilson, Secrétariat du Réseau PAL

Lancée en mars 2016, L’Initiative de recherche pour l’équité dans l’éducation vise à inspirer les politiques et les programmes sur la manière la plus efficace de renforcer l’équité dans et par les systèmes éducatifs. Collaborant avec les experts et praticiens, l’initiative se sert des recherches et analyses existantes pour construire une compréhension mutuelle exhaustive des causes et effets de l’inégalité dans l’éducation, ainsi que les meilleures stratégies pour arriver à plus d’équité dans les résultats de l’apprentissage pour tous les enfants. Pour permettre aux gouvernements et acteurs internationaux de mieux gérer les questions sous-jacentes essentielles d’un agenda d’équité, telles que : Qui est laissé de côté, en termes d’accès et d’apprentissage ? De quelle manière les facteurs contextuels comme la fragilité des états ou le financement de l’éducation, structurent-ils l’accès et les résultats de l’apprentissage pour différents groupes d’enfants ? Et, de quelle manière les interventions programmatiques et initiatives de politique influent-t-ils sur les disparités ? Il faut plus de données de qualité meilleure.

Au courant de l’année dernière, les représentants du Réseau d’action du peuple pour l’apprentissage (Réseau PAL) ont participe activement à deux des quatre axes d’intervention de l’Initiative pour l’équité : Mesures et unités de mesure, et l’Apprentissage et la rétention de l’information. En juin 2017, l’initiative a lancé un nouveau groupe de travail sur les handicaps dans l’éducation. L’équipe de travail a pour objectif d’améliorer la disponibilité et la qualité des données sur la prévalence, l’accès et la réussite des enfants handicapés dans l’éducation.

Améliorer les données sur les enfants handicapés.

Une barrière importante qui entrave l’amélioration de l’accès et de l’apprentissage chez les enfants handicapés c’est le manque de données pouvant permettre une meilleure compréhension du nombre et des types de handicaps recensés. En l’absence des données précises en temps opportune, les interventions et solutions politiques pour les enfants handicapés ne peuvent pas répondre de manière adéquate au problème, vu son échelle et sa complexité. Selon l’Evaluation des préparatifs de 2016 de l’Institut de statistique de l’UNESCO (ISU), qui suit les avancées vers les cibles de l’ODD4, seulement 19% des 121 pays recensés disposaient des données sur le statut du handicap des enfants. Pratiquement, ceci signifie que des milliers d’enfants handicapés sont laissés de côté par les plans sectoriels d’éducation, en raison d’une mauvaise collecte de données et une manque de connaissances sur la manière dont elles peuvent être intégrées dans la planification et la mise en œuvre des politiques éducatives.

Les conclusions du Réseau PAL montrent que les inégalités de l’apprentissage commencent à un très jeune âge, soutenues essentiellement par les inégalités de richesse. Quand les inégalités de richesse interagissent avec d’autres formes de marginalisation comme le genre, le lieu où l’enfant habite et leur statut de handicapé, les désavantages multiples et hérités exacerbent l’inégalité dans les résultats de l’apprentissage. En plus, les enfants handicapés font face à plus d’entraves d’accès à l’école que d’autres enfants. Les informations sont très limitées en ce qui concerne la disponibilité des données qui font le suivi des résultats de l’apprentissage pour ceux des enfants qui arrivent à être scolarisés et surveillent leurs progrès en termes d’apprentissage tout au long du cursus scolaire.

Les conclusions du Réseau PAL

Pendant les trois dernières années, ASER Pakistan a collaboré avec l’Université de Cambridge pour lancer la phase pilote de l’évaluation citoyenne habituelle de l’apprentissage, basée sur les foyers, en y ajoutant des questions saisissant la prévalence et l’état des enfants handicapés à travers le Pakistan. En 2014, ASER Pakistan a lance la phase pilote de cet outil dans 11 districts du Pakistan, le portant à les 36 districts de la zone de Punjab en 2015 et ajoutant 26 districts supplémentaires de Khyber Pakhtunkhwa en 2016. L’outil de sondage de foyers a recensé sept questions clés sur l’incapacité, la santé et le fonctionnement, axées sur l’évaluation de la vision, l’audition, la mobilité, l’autonomie, la parole et la mémoire chez l’enfant. Les questions recensant l’utilisation par les enfants d’appareils et d’accessoires telles que les lunettes, les appareils auditifs et de mobilité, etc. ont été inclues. Les questions additionnelles ont été portées au questionnaire d’évaluation des écoles pour quantifier si les écoles étaient conscientes de la présence en leur sein, des enfants handicapés et s’ils disposaient d’infrastructures spécifiques pour lesdits enfants (rampes d’accès, support didactiques modifiés). Les conclusions tirées de tous les 9 districts montrent qu’il existe une incidence significative d’handicaps rapportés à travers les différentes compétences recensées. Pendant l’étude pilote, Presque 8% des enfants sondés disaient avoir des difficultés de vue, allant de légère à importante. L’incidence pour l’audition, la parole, la mobilité et la mémoire étaient de 5% chez les enfants sondés. Un nombre significativement grand d’enfants sondés ont déclarés qu’ils utilisaient des accessoires d’assistance. Veuillez consulter le Rapport annuel d’ASER Pakistan pour davantage d’informations.

Au Kenya, il est estimé que seulement un sur six enfants handicapés est scolarisé. Selon Uwezo Kenya, les unités spéciales qui s’occupent des enfants handicapés existaient dans seulement 2% des 4377 écoles sondées en 2014. Or, 56% de ces écoles recensées avaient reconnu avoir au moins un enfant handicapé en leur sein. Seulement 3% des écoles recensées disposaient des infrastructures sanitaires nécessaires et adéquates pour les enfants handicapés.

En Ouganda, les conclusions importantes du Rapport annuel 2015 d’Uwezo sur l’évaluation de l’apprentissage, relevaient que 3,5% de tous les enfants âges de 6-16 ans qui ont été sondés avaient une acuité visuelle inférieure à la norme pour les deux yeux (2.5%) ou pour un œil (1.0%). Alors qu’il peut s’agir, pour certains des cas, de la myopie courante, mais ces enfants sont en situation désavantageuse s’ils ne reçoivent pas, ou ne peuvent pas se payer l’examen de vue et l’assistance visuelle adéquate.

Le Réseau PAL attend avec impatience œuvrer au sein du Groupe de travail sur le handicap pour examiner et améliorer les outils de mesure existants, explorer des nouveaux outils ou de nouvelles adaptions des outils existants, et proposer des recommandations pour le travail futur. Le Réseau PAL entend améliorer et élargir la production des données sur la prévalence, l’accès et les accomplissements des enfants handicapés par l’analyse de nos données ainsi que pour les autres ; et de mener encore plus d’études de cas et études pilotes pour identifier et répondre aux besoins d’enfants handicapés.